Cancer: renforcer le système immunitaire pendant la chimiothérapie

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Les médicaments de chimiothérapie sont utilisés dans le traitement de plusieurs cancers en raison de leur capacité à bloquer la croissance incontrôlée des cellules cancéreuses. Une étude récente montre que la participation du système immunitaire joue un rôle crucial dans l’efficacité de ces médicaments. Plus il est fort, mieux les traitements marchent.

Les médicaments utilisés en chimiothérapie du cancer sont des poisons très puissants qui parviennent à tuer les cellules cancéreuses en les empêchant de se reproduire. Certains de ces médicaments comme les agents alkylants (ex. cisplatine) ou les antimétabolites (ex. méthotrexate) bloquent la duplication de l’ADN, tandis que d’autres, comme les alcaloïdes végétaux (ex. taxol), interfèrent plutôt avec certaines structures indispensables à la division cellulaire. Dans plusieurs cas, les dommages provoqués par ces poisons font en sorte que les cancers sont fortement diminués ou même éradiqués par le traitement de chimiothérapie (on dit alors que les tumeurs «répondent» au traitement). Malheureusement, il arrive fréquemment que les cellules cancéreuses s’adaptent à la présence de ces poisons et acquièrent une résistance qui provoque une récidive de la tumeur et la rend encore plus dangereuse. Une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans l’effet anticancéreux des médicaments de chimiothérapie est donc d’une grande importance pour améliorer l’efficacité de ces traitements.

Le système immunitaire aide la chimiothérapie à être plus efficace

Un pas de géant en ce sens a été récemment réalisé par une équipe de chercheurs français au cours d’une étude portant sur l’effet anticancéreux des anthracyclines, une famille de molécules utilisées pour le traitement de plusieurs cancers. Tel qu’anticipé, ils ont remarqué que ces médicaments attaquaient directement les cellules cancéreuses et provoquaient de graves dommages à leur structure. Cependant, et c’est là une découverte majeure, ces dommages ne sont pas suffisants pour éradiquer le cancer: il faut également que certaines cellules du système immunitaire soient recrutées au sein même de la tumeur pour permettre l’élimination des cellules cancéreuses touchées par la chimiothérapie.

La séquence d’événements est la suivante: en raison de leur toxicité, tout d’abord les médicaments anticancéreux perforent littéralement la cellule cancéreuse et provoquent la relâche d’ATP, la molécule responsable de l’équilibre énergétique de la cellule. Une fois présent à l’extérieur de la cellule, l’ATP est un puissant activateur de la réponse inflammatoire, ce qui va attirer vers la tumeur une classe de cellules immunitaires présentes dans la moelle osseuse (les cellules dendritiques). Parvenues au site de la tumeur, ces cellules digèrent les débris cellulaires qui s’y trouvent et provoquent l’activation de globules blancs (lymphocytes T) spécialisés dans la défense du corps face aux corps étrangers. En d’autres mots, un peu à la façon d’un vaccin, les médicaments de chimiothérapie mobilisent la réponse immunitaire contre le cancer et entraînent son élimination de l’organisme.

Les médecines complémentaires aident à stimuler le système immunitaire

Ces observations sont importantes car elles pourraient, à moyen et long terme, révolutionner notre approche face au traitement du cancer. Par exemple, au lieu d’administrer des doses élevées de médicaments de chimiothérapie, ce qui entraîne de multiples effets secondaires, il est possible d’envisager des thérapies combinant des médicaments anticancéreux avec des activateurs du système immunitaire de façon à favoriser le recrutement des cellules inflammatoires au niveau de la tumeur et ainsi éliminer la tumeur à l’aide de la réponse immunitaire du patient.

Les médecines complémentaires ont une panoplie maintenant bien étudiée de solutions induisant une stimulation du système immunitaire et plus particulièrement des Lymphocytes T. Que ce soit les Alkylglycérols, les champignons Shiitaké, Maitaké et Reichi, la propolis et le pollen frais, ou même l’acupuncture ou la chiropractie, etc.. toutes ces options qui ont passé les épreuves des études et des publications peuvent utilement venir compléter une chimiothérapie en l’aidant à être plus efficace, à remonter le système immunitaire et à limiter les effets secondaires.

Source

Ma Y et coll. Anticancer chemotherapy-induced intratumoral recruitment and differentiation of antigen-presenting cells. Immunity.

 

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