Cancer du sein: l’excès de sucre fait bondir l’incidence de ce cancer

Cancer du sein ruban rose

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les sucres ajoutés ne devraient pas dépasser 10 % de notre apport énergétique quotidien. Pour un adulte moyen qui consomme 2000 calories par jour, cela représente donc 200 calories, soit 50 g ou 12 cuillères de sucre.

Cette limite peut s’avérer très difficile à respecter lorsqu’on mange quotidiennement des aliments transformés industriellement. Le pire exemple est sans doute les boissons gazeuses, avec plus de 40 g de sucre par canette.

Mais même des aliments comme les céréales, yogourts, pains, sauces ou encore vinaigrettes contiennent aussi des quantités appréciables de sucres ajoutés. La seule façon réaliste de limiter son apport en sucre ajouté est donc de cuisiner soi-même et de limiter au maximum la consommation de produits industriels, surtout ceux proposés par l’industrie de la malbouffe et des boissons gazeuses.

Car l’excès de sucre cause des troubles de santé sévères. Par exemple, une étude a montré que les personnes qui consomment plus de 10 % de leurs calories sous forme de sucres ajoutés ont 30 % plus de risque de mourir prématurément d’une maladie cardiovasculaire. Cette hausse du risque atteint même 275 % chez ceux pour qui le sucre représente plus de 25 % de leurs calories quotidiennes.

Il semble que cet effet négatif soit en majeure partie causé par l’excès de fructose. Les sucres ajoutés sont généralement le formé de 50 % de glucose et de saccharose (sucre de table), et 50 % de fructose. Dans les deux cas, une consommation excessive de sucre entraine un apport massif de fructose.

Ce qui est problématique pour notre métabolisme: le fructose est stocké par le foie où il est transformé en graisse, ce qui entraîne des dérèglements importants des lipides sanguins et une hausse du risque de maladies cardiovasculaires.

Sucre: une hausse de l’incidence des cancers du sein de 50%

En plus de son effet néfaste sur la fonction du cœur, des données suggèrent que l’excès de sucre pourrait également hausser le risque de certains cancers. Par exemple, les femmes ménopausées qui consomment le plus de sucres ajoutés voient leur risque de cancer du sein hormono-indépendant augmenter d’environ 50 %.

Pour mieux comprendre ce phénomène, une équipe du MD Anderson Cancer Center au Texas a examiné l’impact du saccharose sur la progression des tumeurs mammaires chez des modèles expérimentaux.

Ils ont observé que l’ingestion d’une quantité de sucre équivalente à ce qui est consommé en Occident provoquait une hausse marquée de l’incidence des tumeurs mammaires, ainsi qu’une augmentation de leur capacité à se répandre sous forme de métastases.

Cet effet pro-cancer du sucre est dû à une hausse de l’activité de la 12-lipooxygenase, une enzyme impliquée dans la réponse inflammatoire et qui crée donc un climat d’inflammation propice à la progression des cellules cancéreuses.

La hausse de l’inflammation ainsi que la progression accélérée des tumeurs mammaires sont observées lorsque le saccharose est remplacé par le fructose, ce qui suggère que l’effet procancéreux des sucres ajoutés est principalement dû à un excès de fructose.

Moins de sucre, plus de fibres

Il n’y a donc aucun doute qu’une réduction de l’apport en aliments contenant des sucres ajoutés est extrêmement positive pour la santé. Un effet bénéfique qui sera d’autant plus prononcé si cette réduction est combinée à une hausse de l’apport en aliments reconnus pour diminuer le risque de cancer, notamment les végétaux.

Par exemple, une étude a récemment montré que les jeunes femmes qui consommaient régulièrement des fibres, autant solubles qu’insolubles, voyaient leur risque de cancer du sein diminuer de 15 %.

Source
Yang Q et coll. Added sugar intake and cardiovascular diseases mortality among US adults. JAMA Intern Med. ; 174: 516-24.

Romieu I et coll. Dietary glycemic index and glycemic load and breast cancer risk in the European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC). Am J Clin Nutr. 96: 345-55.Jiang Y et coll. A sucrose-enriched diet promotes tumorigenesis in mammary gland in part through the 12-lipoxygenase pathway. Cancer Res.; 76: 24-9.
Farvid MS et coll. Dietary fiber intake in young adults and breast cancer risk. Pediatrics 137: e20151226.