Cancer du sein : l’importance des taux de vitamine D

Les femmes qui présentent des carences en vitamine D au moment du diagnostic d’un cancer du sein ont une mortalité plus élevée que celles dont les niveaux de cette vitamine sont adéquats.

Il s’agit d’une autre illustration éclatante du rôle important de la vitamine D dans la prévention du cancer.  Découverte en 1919, tout juste après les vitamines A, B et C (d’où son appellation «D»), la vitamine D joue un rôle absolument essentiel dans l’absorption du calcium et la croissance des os ainsi que dans le maintien du bon fonctionnement général de l’organisme.

Cependant, contrairement aux autres vitamines, qui sont obtenues par l’alimentation, la majeure partie (80-95%) de la vitamine D présente dans notre corps est produite par l’action du soleil sur la peau. Les rayons UVB de la lumière provoquent la transformation d’une molécule appelée 7-dehydrocholestérol en vitamine D3, celle-ci étant par la suite modifiée par le foie et les reins en 1,25-dihydroxyvitamine D, qui représente la forme active de la vitamine.  Le rôle important du soleil dans la production de vitamine D pose évidemment un problème aux populations des pays nordiques, qui sont beaucoup moins exposées au soleil pendant la saison hivernale.

Des taux insuffisants de vitamine D chez les femmes atteintes du cancer du sein

Une telle carence en vitamine D est dangereuse, car de multiples études ont montré que cette vitamine prévient le développement de plusieurs types de cancer, notamment ceux du côlon et du sein. Dans ce dernier cas, il est intéressant de noter que l’incidence du cancer du sein est généralement plus élevée dans les régions éloignées de l’équateur (et qui sont donc moins ensoleillées en hiver) comme les pays scandinaves, le Canada ou la Nouvelle-Zélande, comparativement aux régions qui sont ensoleillées durant la majeure partie de l’année (l’Afrique en particulier) . Cette protection apportée par le soleil serait due à une concentration plus élevée de vitamine D dans le sang des femmes habitant ces régions.

La vitamine D aide à limiter les risques de rechute

Une étude réalisée à l’Université de Toronto montre un tel rôle protecteur de la vitamine D non seulement dans la prévention, mais également dans la probabilité de survivre à un cancer du sein. Les chercheurs ont mesuré les niveaux de vitamine D dans le sang de 512 femmes qui venaient d’être diagnostiquées avec un cancer du sein et ont suivi pendant près de 12 ans la progression de la maladie. Près des trois quarts des femmes touchées par le cancer du sein avaient des niveaux sanguins de vitamine D insuffisants et près de la moitié d’entre elles étaient carrément déficientes. Ces femmes étaient également plus souvent touchées par une forme plus agressive de cancer.

L’analyse de la mortalité des femmes participant à l’étude indique que celles dont les niveaux de vitamine D lors du diagnostic étaient insuffisants (en dessous de 50 nmol par litre) avaient deux fois plus de risque de récidive du cancer. Cette augmentation du risque est due à une plus forte présence de métastases chez les femmes carencées comparativement à celles dont les niveaux de vitamine D étaient normaux. Une carence en vitamine D rend les femmes touchées par le cancer du sein 73 % plus susceptibles de mourir des suites de la maladie.

Les meilleures sources de Vitamine D

À la lumière de ces résultats, il va sans dire qu’il faut absolument augmenter l’apport en vitamine D pour prévenir efficacement le cancer. D’ailleurs, plusieurs experts internationaux recommandent de hausser l’apport en vitamine D de 200 UI à 1000 UI par jour pour  réduire l’incidence de plusieurs cancers. De mai à septembre, augmenter son niveau de vitamine D est chose facile : une simple exposition du visage et des bras pendant 10 minutes permet au corps de produire quelque 10 000 UI ! Une longue exposition au soleil est par contre fortement déconseillée car elle augmente significativement les risques de cancer de la peau. Le soleil est donc un couteau à double tranchant qu’on doit utiliser intelligemment si on veut en tirer le maximum de bénéfices tout en évitant ses effets néfastes.

D’octobre à avril cependant, la diminution de la durée d’ensoleillement rend la situation plus compliquée et il faut se tourner vers d’autres sources de vitamine D. Certains poissons, comme le thon et le saumon, contiennent des niveaux importants de cette vitamine et sont donc un choix intéressant, d’autant plus que ces aliments sont également riches en oméga-3, des gras essentiels qui participent aussi à la prévention du cancer. Les suppléments contenant 1000 UI constituent également une façon simple, économique et efficace d’augmenter l’apport en vitamine D.

Sources:

Mohr : Relationship between Low Ultraviolet B Irradiance and Higher Breast Cancer Risk in 107 Countries The Breast Journal 14: 255-260.

Goodwin PJ. Frequency of vitamin D (Vit D) deficiency at breast cancer (BC) diagnosis and association with risk of distant recurrence and death in a prospective cohort study of T1-3, N0-1, M0 BC. In: Annual Meeting of the American Society of Clinical Oncology;