Cancer du côlon : faîtes ami-ami avec les bactéries anti-cancer

Cancer du côlon
Cancer du côlon Les bactéries intestinales jouent un rôle très important dans le maintien d’une bonne santé.

Les bactéries intestinales jouent un rôle très important dans le maintien d’une bonne santé. La recherche active dans ce secteur donne des découvertes extraordinaires.

  1. Les bactéries indispensables à la santé
  2. Des bactéries pro-cancer
  3. Apporter des bactéries anti-cancer facilement et rapidement

Une importante publication parue dans la prestigieuse revue Nature suggère que le type de bactéries qui compose cette flore intestinale pourrait jouer un rôle déterminant dans la prévention du cancer du côlon, qui représente la troisième cause de mortalité par cancer en France.

Pour beaucoup, le mot «bactérie» est associé à «maladie». Cette association est justifiée dans plusieurs cas, certaines bactéries étant effectivement des ennemis redoutables qui peuvent causer des infections graves qui menacent la vie des personnes infectées.

C’est d’ailleurs la découverte d’antibiotiques comme la pénicilline permettant d’éliminer ces bactéries pathogènes qui a joué un rôle de premier plan dans l’augmentation spectaculaire de l’espérance de vie au siècle dernier.

Il est cependant faux de penser que toutes les bactéries jouent des rôles néfastes dans nos vies; au contraire, certaines d’entre elles ont même des fonctions absolument essentielles au bon fonctionnement de notre organisme, en particulier au niveau du tube digestif.

Les quelque mille milliards de bactéries qui vivent dans notre côlon sont en effet indispensables à la dégradation des fibres alimentaires et au maintien du système immunitaire. La flore intestinale influence même les niveaux de certains neurotransmetteurs cérébraux et pourrait donc moduler certains désordres comme l’anxiété, le stress et la dépression! Donc, loin d’être des microorganismes nuisibles, les bactéries intestinales sont au contraire des partenaires indispensables au bon fonctionnement du corps humain.

Ce rôle important des bactéries intestinales fait en sorte que toute perturbation qui altère la composition et l’activité de cette flore microbienne peut participer au développement de diverses maladies. Par exemple, des études récentes indiquent que les bactéries présentes dans l’intestin de personnes obèses sont différentes de celles de personnes minces et que cette différence pouvait favoriser le développement du cancer du foie en augmentant les niveaux d’acide désoxycholique, un dérivé de la bile qui s’attaque à l’ADN et provoque des mutations génétiques.

La composition de la flore intestinale n’est cependant pas seulement influencée par l’excès de graisses. Ainsi, les personnes qui mangent beaucoup d’aliments d’origine animale (viandes, œufs, produits laitiers) hébergent dans leur intestin des bactéries différentes de celles qui se nourrissent principalement de végétaux riches en fibres. Puisque les gros mangeurs de viande ont un risque de cancer du côlon beaucoup plus élevé que ceux qui préfèrent les fruits et légumes, il est donc probable que ces différences bactériennes puissent contribuer à cette hausse du risque de cancer.

Pour examiner cette possibilité, une équipe de chercheurs new-yorkais a comparé les différents types de bactéries présentes dans les selles de personnes affectées par un cancer du côlon et de celles en bonne santé. Ils ont observé que les patients cancéreux présentaient une baisse significative de bactéries impliquées dans la digestion des fibres alimentaires, reconnues pour jouer un rôle protecteur contre le développement du cancer colorectal, tandis que des bactéries dont le métabolisme est reconnu pour générer des molécules inflammatoires (Fusobacterium et Porphyromonas) étaient significativement augmentées.

Ces observations suggèrent que la composition de la flore intestinale est intimement associée au risque de cancer du côlon et que le simple fait d’augmenter la proportion de bonnes bactéries, tout en diminuant celle des mauvaises, pourrait réduire le risque de cette maladie. En ce sens, il est intéressant de noter que ces changements de bactéries peuvent être réalisés très rapidement, simplement en intégrant une abondance de végétaux aux habitudes alimentaires. Il s’agit donc d’une vision révolutionnaire du rôle de l’alimentation sur la prévention des maladies chroniques: les fruits et légumes ne servent pas seulement à promouvoir notre santé, mais aussi celle des bactéries qui ont le plus d’effets positifs sur notre santé.

Source

Yoshimoto S et coll. Obesity-induced gut microbial metabolite promotes liver cancer through senescence secretome. Nature; 499: 97-101.

Ahn J et coll. Human gut microbiome and risk for colorectal cancer. J Natl Cancer Inst. 2013; 105:1907-11.

David LA et coll. Diet rapidly and reproducibly alters the human gut microbiome. Nature publiée en ligne le 13 décembre 2013.

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Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.