Asthme allergique, les fibres alimentaires diminuent les crises

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L’asthme allergique est causé par une réponse immunitaire disproportionnée qui enflamme les bronches et rend la respiration difficile. En plus du rôle bien connu de certains allergènes présents dans l’air, des résultats surprenants publiés dans la très prestigieuse revue Nature Medicine suggèrent qu’une carence en fibres alimentaires pourrait aussi contribuer au développement de cette forme d’allergie.

On sait depuis plusieurs années que des maladies comme l’asthme ou les allergies sont beaucoup plus fréquentes dans les pays industrialisés. Par exemple, des enfants qui migrent d’un pays en développement vers l’Amérique ou l’Europe voient leur risque d’asthme augmenter très rapidement. La contribution du mode de vie occidental est aussi illustrée par l’augmentation importante du nombre de personnes souffrant d’asthme depuis les années 1960, avec l’industrialisation de l’alimentation, de même que par la hausse subite de la prévalence du rhume des foins et autres allergies qui s’est produite dans l’est de l’Allemagne quelques années à peine après sa réunification avec l’Ouest (et plus industrialisée) du pays. Plusieurs facteurs ont été proposés pour expliquer cette augmentation de l’asthme et des allergies en général:

– L’exposition accrue aux acariens, conséquence de l’augmentation de la chaleur et de l’humidité dans les maisons modernes, de même que les plus longues périodes passées à l’intérieur;

– L’exposition réduite à plusieurs micro-organismes en raison d’une meilleure hygiène et de l’utilisation de produits désinfectants, qui fait en sorte que le système immunitaire sur-réagit contre des substances normalement non dangereuses pour le corps;

– Des changements majeurs d’habitudes alimentaires qui ont provoqué une augmentation importante du surpoids et de l’obésité, ce qui crée des conditions inflammatoires qui aggravent l’impact des réactions allergiques, en particulier au niveau des bronches.

Le régime méditerranéen lutte contre l’asthme

En plus de favoriser le surpoids, l’alimentation de type occidental est caractérisée par sa pauvreté en végétaux et en fibres alimentaires essentielles au maintien de l’équilibre des bactéries présentes dans l’intestin. Ce déséquilibre de la flore intestinale pourrait avoir d’importantes conséquences pour le développement des réactions allergiques: ces bactéries possèdent en effet la capacité unique de transformer les fibres et les amidons complexes des végétaux en acides gras à courtes chaînes, une classe de molécules anti-inflammatoires qui pourraient atténuer l’impact des dérèglements immunitaires impliqués dans les allergies. En ce sens, il est intéressant de noter que l’alimentation de type méditerranéen, basée sur la consommation abondante de fruits, légumes et légumineuses, donc très riche en fibres, est associée à une incidence beaucoup plus faible d’asthme allergique.

Plus de fibres, moins d’asthme

Des résultats récemment obtenus par une équipe de scientifiques suisses ont permis de démontrer que les fibres alimentaires possèdent effectivement une importante propriété antiallergique. Ils ont en effet observé que des animaux dont l’alimentation était très pauvre en fibres insolubles développaient des réactions allergiques beaucoup plus prononcées, lorsqu’exposés à de la poussière contenant des acariens. Cette protection fournie par les fibres serait une conséquence directe de l’action des bactéries intestinales: les acides gras à courtes chaînes formés par ces bactéries passent dans le sang et vont agir au niveau de la moelle osseuse pour favoriser la production d’une classe de cellules immunitaires inhibitrices de l’inflammation. La présence de ces cellules au niveau des poumons crée donc un environnement peu réceptif à la présence d’allergènes, ce qui limite la gravité de la réaction allergique.

En alimentation, la pensée est souvent très réductrice et les fibres alimentaires sont simplement perçues comme un moyen de favoriser le transit intestinal et d’éviter la constipation. Les résultats de cette étude indiquent que ces constituants des végétaux jouent un rôle beaucoup plus important dans le fonctionnement du corps humain et représentent à ce titre une composante absolument essentielle de l’alimentation.

Source

Devereux G. The increase in the prevalence of asthma and allergy: food for thought. Nat Rev Immunol, 2006; 6: 869-74.

Trompette A et coll. Gut microbiota metabolism of dietary fiber influences allergic airway disease and hematopoiesis. Nat Med; 20: 159-66.

 

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