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Apnée du sommeil : 4h de télévision/jour plus la sédentarité font exploser les risques

Une nouvelle étude montre des liens significatifs entre la sédentarité, le temps devant la télévision et l'apnée du sommeil.

Une nouvelle étude montre des liens entre l’exercice, l’écoute de la télévision et l’apnée du sommeil (ADS).
L’ADS est associée à un risque accru de certaines maladies chroniques. Une nouvelle étude conclut que le fait d’être plus actif et de passer moins de temps devant la télévision est lié à un risque moindre de développer une ADS. L’apnée du sommeil se caractérise par un blocage répété et intermittent des voies aériennes supérieures pendant le sommeil. Ce blocage réduit ou arrête le flux d’air vers les poumons et peut augmenter le risque de maladies graves, notamment le cancer, les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2, entre autres.

L’ADS se produit lorsque les muscles de la gorge se relâchent temporairement pendant le sommeil, ce qui entraîne une obstruction partielle ou complète des voies respiratoires. Le ronflement est un indicateur courant d’ADS. L’interruption du sommeil et une oxygénation nocturne insuffisante peuvent entraîner, entre autres, une somnolence diurne, des maux de tête, des sautes d’humeur et une hypertension artérielle.

Le rôle de l’activité physique

Des recherches antérieures ont montré que de faibles niveaux d’activité physique pendant la journée, ou un comportement sédentaire accru, peuvent être liés à un risque plus élevé d’ADS. Les médiateurs de ces effets néfastes peuvent inclure un excès de graisse corporelle, une inflammation chronique de bas niveau, une résistance à l’insuline et une rétention d’eau. Des chercheurs du Brigham and Women’s Hospital et de la Harvard Medical School de Boston (Massachusetts), de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health de Baltimore (Massachusetts) et d’autres institutions ont collaboré à cette nouvelle étude. Les résultats sont publiés dans la revue European Respiratory JournalTrusted Source.

Les auteurs ont conclu que le fait d’être plus actif et de passer moins de temps assis à regarder la télévision sont des comportements liés à un risque moindre de développer une ADS. L’étude a également tenté de déterminer l’influence de chaque facteur.

Les chercheurs ont étudié les données de 137 917 participants inscrits à la Nurses’ Health Study (NHS), à la Nurses’ Health Study II (NHSII) et à la Health Professionals Follow-up Study (HPFS). Ces grandes études continues à long terme constituent une source particulièrement fiable d’informations sur la santé, car les participants sont tous des professionnels de la santé. Dans le grand public, l’apnée du sommeil est largement sous-diagnostiquée. Les professionnels de la santé sont vraisemblablement plus susceptibles de reconnaître et de signaler les symptômes.

Sédentarité et télévision font exploser les risques d’apnée du sommeil

Pour leur analyse, les chercheurs ont pris en compte le temps que les participants passaient assis au travail. L’activité physique comprenait tout le temps passé à bouger, y compris la marche, la course, la natation et l’haltérophilie.

Dans l’ensemble, l’équipe a constaté que les personnes les moins actives étaient plus susceptibles de déclarer une ADS. Par exemple, les participants ayant des emplois plus sédentaires présentaient un risque d’ADS 49 % plus élevé que ceux ayant les emplois les moins sédentaires.

De même, ceux qui regardaient la télévision plus de 4 heures par jour avaient un risque d’ADS 78 % plus élevé que les participants ayant un mode de vie moins sédentaire. Le fait de maintenir un mode de vie actif et d’éviter un comportement sédentaire excessif est associé à un risque plus faible de développer une ADS. Ce risque peut à son tour être lié à une réduction du risque de développer diverses pathologies potentiellement graves, notamment les maladies cardiovasculaires et l’obésité.

Une relation à double sens

En raison de la nature de l’étude, il n’a pas été possible de discerner la cause et l’effet. Les chercheurs n’ont donc pas pu déterminer si l’inactivité et le fait de regarder la télévision favorisent l’ADS ou si inversement les effets de l’ADS sur la santé encouragent le comportement sédentaire.

Bien qu’il ne soit pas surprenant que les comportements sédentaires et le fait de regarder la télévision, qui implique également de rester assis pendant de longues périodes, puissent être liés à ADS, les chercheurs supposent que les effets de la télévision pourraient être dus à l’obésité. Le fait de regarder la télévision est le facteur le plus fortement corrélé avec l’apnée du sommeil. Regarder la télévision est également corrélé avec l’obésité, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.

Source

Physical activity, sedentary behavior, and incidence of obstructive sleep apnea in three prospective US cohorts

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