Alimentation bio : une diminution de 25% des risques de cancer

Foto alimentation bio
L'alimentation bio se caractérise par des produits issus de modes de production sans produits phytosanitaires et intrants de synthèse.

Alimentation bio : Une diminution de 25% du risque de cancer a été observée chez les consommateurs « réguliers » d’aliments bio, par rapport aux personnes qui en consomment moins souvent. C’est ce que révèle une étude épidémiologique, publiée ce jour le 22 octobre 2018 dans le JAMA Internal Medicine, grâce à l’analyse d’un échantillon de 68 946 participants.

L’alimentation bio se caractérise par des produits issus de modes de production sans produits phytosanitaires et intrants de synthèse. Le bénéfice du choix de ces produits dans l’alimentation courante n’avait pas encore était vraiment mesuré. C’est fait. Au cours des 7 années de suivi (2009-2016)de la cohorte Nutrinet-Santé, 1 340 nouveaux cas de cancers ont été enregistrés et validés sur la base des dossiers médicaux des personnes suivies. Ce qui représente une diminution de 25% du risque de cancer (tous types confondus) observée chez les consommateurs « réguliers » d’aliments bio comparés aux consommateurs plus occasionnels. Bien que le lien de cause à effet ne puisse être établi sur la base de cette seule étude, les résultats suggèrent qu’une alimentation riche en aliments bio pourrait limiter l’incidence des cancers.

Alimentation bio : 68 946 personnes suivies

Des chercheurs du centre de recherche en Epidémiologie et Statistiques Sorbonne Paris Cité ont mené une étude épidémiologique basée sur l’analyse d’un échantillon de 68 946 participants (78% de femmes, âge moyen 44 ans) de la cohorte française NutriNet-Santé. Leurs données relatives à la consommation d’aliments bio ou conventionnels ont été collectées à l’inclusion, à l’aide d’un questionnaire de fréquence de consommation (jamais, de temps en temps, la plupart du temps) pour 16 groupes alimentaires. Des caractéristiques sociodémographiques, de modes de vie ou nutritionnelles ont également été prises en compte dans cette analyse.

Cette association était particulièrement marquée pour les cancers du sein chez les femmes ménopausées (-34 % de risque, score bio élevé versus bas) et les lymphomes (-76 % de risque). La prise en compte de divers facteurs de risque pouvant impacter cette relation (facteurs sociodémographiques, alimentation, modes de vie, antécédents familiaux) n’a pas modifié les résultats.

Plusieurs hypothèses pourraient expliquer ces données : la présence de résidus de pesticides synthétiques beaucoup plus fréquente et à des doses plus élevées dans les aliments issus d’une agriculture conventionnelle, comparés aux aliments bio.

Autre explication possible : des teneurs potentiellement plus élevées en certains micronutriments (antioxydants caroténoïdes, polyphénols, vitamine C ou profils d’acides gras plus bénéfiques) dans les aliments bio.

Les conclusions de cette étude doivent être confirmées par d’autres investigations conduites sur d’autres populations d’étude, dans différents contextes. Néanmoins, ces résultats soutiennent les recommandations du Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) émises en 2017 pour les futurs repères alimentaires du Programme National Nutrition Santé (PNNS) visant à privilégier les aliments cultivés selon des modes de production diminuant l’exposition aux pesticides pour les fruits et légumes, les légumineuses et les produits céréaliers complets.

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