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Vie Pratique

À quoi ressemblera l’hiver 2023-2024 en France ? Faut-il s’attendre à un froid glacial ?

Découvrez les tendances et les prévisions

Solange Leroy

Chaque année, les amateurs de l’hiver se demandent à quoi ressemblera la saison froide à venir. Après un été caniculaire et un début d’automne doux, quelles seront les tendances pour l’hiver 2023-2024 en France ?

Les effets d’El Niño sur le climat

L’une des influences majeures sur les conditions météorologiques mondiales est le phénomène d’El Niño. Selon les experts, El Niño est responsable des fortes chaleurs que nous avons connues ces derniers mois. Il s’agit d’un phénomène climatique naturel associé au réchauffement des températures de surface de l’océan Pacifique tropical. Bien que lié aux activités humaines, El Niño se produit en moyenne tous les deux à sept ans, avec des épisodes durant généralement de neuf à douze mois.

En juillet 2023, El Niño s’est formé dans le Pacifique tropical, suscitant des inquiétudes en Australie quant à la possibilité de sécheresses, d’inondations et d’autres catastrophes naturelles. Ce phénomène pourrait également avoir des répercussions sur l’hiver en France et dans d’autres régions du monde.

Les tendances pour l’hiver 2023-2024

Risque de conditions perturbées et humides

Certaines projections suggèrent que l’hiver à venir pourrait commencer de manière perturbée avec un mois de décembre potentiellement humide en raison d’une dynamique d’ouest. Cela pourrait entraîner le passage de nombreuses perturbations, des vents forts et même des tempêtes, notamment dans le nord de la France.

Il est également probable que l’humidité persiste en janvier, ce qui serait bénéfique pour la recharge des nappes phréatiques. Peu de changements sont attendus en février. Dans l’ensemble, l’hiver pourrait être assez humide, en particulier dans la moitié nord de la France, voire dans d’autres régions.

Une tendance à la douceur

Les premières projections indiquent que le mois de décembre, premier mois de l’hiver météorologique, sera globalement doux à l’échelle du pays. Les modèles saisonniers européens et américains suggèrent une anomalie thermique d’environ +1 degré en raison d’un flux d’ouest dynamique.

La fiabilité des prévisions diminue à partir de janvier en raison des incertitudes croissantes. Le modèle américain CFS prédit une relative douceur persistante jusqu’à la fin de l’hiver. En revanche, le modèle européen ECMWF prévoit des températures proches de la normale dans sa mise à jour de septembre, potentiellement un peu plus froides qu’en début d’hiver. Cependant, la mise à jour d’octobre prévoit désormais de la douceur tout au long de l’hiver. Il est donc difficile de privilégier un scénario particulier pour le moment, car cela dépendra de plusieurs facteurs atmosphériques qui devront être précisés ultérieurement.

Méthodologie des prévisions saisonnières

Maintenant que nous avons examiné les tendances pour l’hiver 2023-2024, il est important de comprendre comment ces prévisions sont élaborées. Les prévisions saisonnières reposent sur l’utilisation de modèles numériques, d’indices et de statistiques.

Les modèles numériques

Pour établir des tendances saisonnières, nous utilisons quatre grands modèles numériques qui fournissent des prévisions météorologiques à très long terme, allant de 1 à 6 mois. Ces modèles, tels que le CFS v2, le CGCM, le MFS et l’IRI probabilistic seasonal climate forecast, nous permettent de comparer nos tendances expérimentales avec les données qu’ils fournissent afin de déduire une anomalie plus ou moins proche de la réalité. En cas de divergence importante entre les modèles météorologiques et nos tendances, nous privilégions un scénario médian.

Les statistiques

Les statistiques jouent un rôle essentiel dans l’élaboration des tendances saisonnières. Elles permettent d’évaluer la probabilité de récurrence d’anomalies météorologiques sur une période de temps donnée, ainsi que les connexions entre plusieurs indices et leur impact futur. Les statistiques sont basées sur des archives météorologiques allant généralement de 1950 à aujourd’hui, ce qui nous permet de déterminer les conditions météorologiques probables en fonction de différents paramètres.

Les indices

Les indices sont des marqueurs qui permettent d’identifier les régimes de temps susceptibles de se produire. Ils sont utilisés pour prévoir les conditions météorologiques au-delà de 2 à 3 mois, en prenant en compte des facteurs tels que l’oscillation quasi biennale (QBO), l’activité solaire, l’ENSO (El Nino Southern Oscillation), la PNA (Pacifique Nord-Américain), les températures de surface de la mer (SST), l’indice d’avancée de la neige (SAI) et l’oscillation de Madden-Julian (MJO). En combinant ces indices, nous pouvons identifier les régimes de temps et prédire les anomalies qui en découlent.

L’influence de l’activité solaire et du changement climatique

L’activité solaire est souvent considérée comme un facteur influençant les hivers plus froids. Cependant, les recherches indiquent que les hivers avec une anomalie négative ou non significative se produisent principalement pendant les minimums solaires. Actuellement, l’activité solaire est inférieure à la moyenne des cycles précédents, et cette tendance devrait se poursuivre avec le cycle solaire 25. Cependant, l’influence de l’activité solaire sur l’hiver à venir est sujette à débat en raison des effets du réchauffement climatique et des changements qu’il entraîne. De plus, le phénomène El Niño complique encore les prévisions. Il est donc difficile de prédire avec certitude les tendances hivernales en tenant compte de ces facteurs.

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